Samedi 19 avril 2008
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Après le tapage médiatique que j'ai pu faire autour de mon cours de surf, je ne pouvais manquer d'en faire un compte rendu honnête. Je me mets donc à la difficile tache et vais décrire le long
processus initiatique qui a mené jusqu'à la sensation unique de glisser sur la vague...
1- étape 1: passer son test de natation. N'oublions pas que nous sommes au pays des procès faciles donc une signature en bas d'un papier A5 pour s'assurer que je savais nager était un prérequis
nécessaire. Soit! Je me suis donc rendue à la piscine et j'ai épaté le lifeguard avec ma nage trés ... coment dire? Personnel, originale! Tous les californiens sont nés avec un maillot de bain donc
forcément la brasse aveyronnaise dans le bassin olympique de la piscine de UCSD, c'est un événement! Bref le tout est que je l'ai passé!!!
2- étape 2: orientation session. Vendredi dernier, réunion avec les instructeurs qui sont en fait des étudiants (et désolée les filles mais la règle de la majorité féminine dans le corps enseignant
prévaut aussi pour les cours de surf!) pour régler les détails administratifs, donner les conseils de sécurité et les premières instructions. C'est là qu'on est ravi d'apprendre que la plage est
peuplée de charmantes bestioles... Déjà des espèces de raies trés vilaines qui attendent insidieusement le surfeur sous la vague et lorsque celui ci choit pesamment sur ses deux pieds,
l'accueillent avec un charmant dard! Deuxième hôte des lieux: les méduses, apathiques et translucides flottant au hasard dans les eaux du pacifique. Pensez donc, à la pauvre vie décourageante de
ces bestioles. Cherchant desespéremment un but à leur existence, celles de la Jolla Shores l'ont trouvé: toucher un surfeur! Enfin les requins: je n'en ai pas encire vu mais de gentils requins
peuplent la plage (requins marteau pricipalement) paisiblement postés près de la plage, il parait qu'on devine d'énormes masses sombres de plus d'1m50 sous l'eau...
Après ces rassurantes informations, nous est dressée la "charte du surfeur", sorte de code éthique du surfeur cool qui réglemente notamment qui a priorité sur la vague (pour votre gouverne c'est le
surfeur qui se trouve le plus proche de la vague lorsque celle ci commence à se briser) etc.
La troisième partie est reservée à l'apprentissage de termes techniques autour du surf parce que le surfeur cool ne parle comme vous et moi de "planche" mais de tri-fin, de même avant de prendre la
vague il faut "paddling" ce qui signifie grosso modo d'après mes estimations, observations et brillante utilisation de mes capaités de traduction (eheheh): agiter frénétiquement les bras dans l'eau
lorsqu'on est allongé sur la planche dans le but de prendre la vague (il y a un technique théorisée mais j'avoue que chez moi c'est resté un espece de crawl à l'aveyronnaise bruyant et peu élégant
qui a au moins le mérite de me signaler à nos amis les requins).
3- étape 3: louer sa combinaison. N'ayant pas vraiment changé je me suis retrouvée à louer ma combinaison la veille meme du premier cours de surf. Evidemment toutes les personnes un peu organisée
étaient passées avant moi et ne restait quasiment plus rien. Cependant il y a une justice en ce bas monde et alors que le vendeur commençait à afficher son sourire "je suis désolée ma vieille mais
fallait si prendre avant", il a trouvé LA combinaison, flambant neuve mais un poil trop grande pour moi. Qu'importe! Marion Teulier surfera!
4- étape 4: prendre le shuttle et se rendre à la plage. Horreur à 10h c matin alors que je sortais en hate de mon cours d'espagnol (ou je venais à nouveau de m'énerver contre une pauvre américaine
qui parlait du réchauffement climatique "à l'américaine" et qui n'en revenait pas d'avoir déclencher une telle ire), je rejoins Liz pour monter dans le shuttle qui nous amenait sur la plage. C'est
lorsqu'on l'attend le moins que l'ennemi se montre et vous surprend le couteau entre les dents! Le shuttle était plein de... chinois!!! Mais qu'allaient ils donc faire à la plage un vendredi
matin???? Gardant mon calme et imaginant qu'ils vont certainement pécher le crabe, je finis par trouver une place et nous voilà parties. Il se révèle vite que nous semons quelques chinois à chaque
stop de telle sorte que la proportion restante arrivées à la plage est tout à fait gérable!!!! (il faut absolument que j'arrete d emédire sur les asiatiques, ca devient pathologique).
5- Surfer!!!! Le surfeur doit paisiblement, n'écoutant que le souffle du vent au matin, choisir sa planche. En réalité commedirait Ollivander c'est la plache qui choisit son surfeur. Dans mon cas,
plus prosaïquement c'est le mono qui a choisit la mienne (j'imagine que la poésie viendra plus tard, désolée!). La mienne s'appelle Nick (et oui chaque planche est incarnée et à son petit nom). 30
minutes sur la plage à simuler le fameux "pop up" pour se lever sur la planche et quelques conseils techniques pour ne pas se faire assomer par la planche lorsqu'on est renversé par un mauvaise
vague. Et finalement l'océan! Je m'attendais à des eaux polaires vu les faces crispées de mes congénères (facilement reconnaissable à leur combinaisons noires nous donnant à tous l'ar d'une joyeuse
colonies de pingouins sans instinct de survie!). La température est en fait tout à fait gérable et l'excitation de prendre les vagues annule de toute façon tout effet négatif! Je me jette donc à
l'eau et part valeureusement à l'asaut des "waves". La première est un désastre, je tente pitoyablement de me dresser sur la planche; mon équilibre légendaire fait le reste et je me retrouve
rapidement sous l'eau à boire ma première tasse salée en compagnie des bestioles marines tapies dans l'eau. Qu'importe je repars à l'attaque, me couche sur le surf face à la plage et attend la
vague commence à agiter frénétiquement mes bras (comme prescris de manière plus élégante par les monos) et miracle! Je suis sur la vague, je me lève et fais au moins 20 mètres debout sur mon
surf!!!!! Je n'en revenais pas. La sensation est vraiment géniale! Je recommence l'opération une bonne dizaine de fois et il est temps de partir.
6- Enlever sa combinaison! Une vraie corvée; c'est en effet trés serré et alors que je me tenais en équilibre sur un pied pour libérer mon autre jambe, je tombe sans grâce dans le sable déclenchant
l'hilarité générale. Le résultant un peu moins drole est que je suis labondamment saupoudrée, en fait littéralement noyée dans le sable. Je finis par me dépétrer péniblement de ma peau artificielle
et arrive 25 minutes en retard au cours suivant (lequel dure au total 50 min, je suis donc parfaitement irresponsable).